Nous avons besoin d’une révolution de la flexibilité

Par Camille | Dernière modification : février 4, 2021


C’était une scène à laquelle beaucoup d’entre nous se sont résignés : à 17 heures un mercredi, j’ai rassemblé ma voix la plus professionnelle pour mener une importante conversation de travail avec des dizaines de collègues, tout en cuisinant et en surveillant mes enfants. Mes deux garçons – 5 et 3 ans – étaient joyeusement installés dans la salle de jeux avec une émission de télévision que j’avais auparavant tournée en dérision comme n’ayant pas d’intrigue.

Tout à coup, mon fils aîné est entré dans la cuisine en chantant en rythme avec son derrière nu na, na, na, na, na. na. Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer, ou les deux, alors que je mettais en sourdine, criais « PUT ON SOME PANTS », puis je revenais avec une tentative de calme pour parler d’un sujet qui m’échappait : cohérence, stratégie, organisation. On a parfois l’impression que le monde entier nous fait la tête, à nous les parents qui travaillent.

Presque tous les jours, j’entends parler d’une crise liée à la garde d’enfants ou à l’école, nous essayons tous de faire en sorte que cela fonctionne tout en minimisant les signes extérieurs de tension. De gentils collègues gloussent en criant que des enfants déchirent le zoom en arrière-plan, mais aucune attente manifeste n’a changé en ce qui concerne la productivité ou les heures de travail. Si les vaccins sont porteurs d’espoir, les problèmes auxquels sont confrontés les parents qui travaillent sont trop immédiats pour attendre l’immunité collective, si et quand celle-ci sera atteinte.

Ce qui est si incroyablement difficile ici et maintenant, c’est que beaucoup d’entre nous – en particulier dans les petites et moyennes organisations – ont l’impression de négocier des accords ponctuels pour gérer le chaos. Mais tout comme Covid-19 a fait des ravages et ont révélé des moments potentiels d’innovation, nos gouvernements locaux et nationaux ont un moment unique pour formaliser la flexibilité pour les parents qui travaillent, en rassemblant les ressources et l’expertise pour être un chef de file sur cette question de main-d’œuvre d’une importance vitale.

Au-delà de l’empathie, il existe une myriade de raisons d’aider les parents à supporter ce poids. De nombreuses études démontrent l’intérêt pour une organisation d’avoir des parents productifs qui travaillent et qui font partie de la population active. Les employeurs doivent également reconnaître que ces aides aident les stratégies de recrutement dans la mesure où la manière dont les entreprises traitent les parents qui travaillent est un « indicateur de la manière dont vous traitez les talents en général, en particulier aux yeux des employés potentiels ou plus jeunes ».

La valeur d’un effort gouvernemental pour formaliser la flexibilité est qu’il permet une pollinisation croisée entre les industries et empêche les individus au sein des organisations de porter individuellement le fardeau et de concevoir les solutions. Le président Biden Mobiliser le talent et le cœur des Américains pour créer une main-d’œuvre du XXIe siècle dans le domaine des soins et de l’éducation comprend des idées importantes (bien que difficiles à financer), notamment la subvention de la garde d’enfants et la garantie de 12 semaines de congé familial médical payé. Ces mesures sont utiles, mais ne constituent qu’une partie de l’équation.

Divers États et localités, comme mon État natal de New York, ont réuni des groupes de travail chargés d’examiner de manière holistique des questions allant de la mortalité et de la morbidité maternelles au tronc commun de l’éducation. Les États et les collectivités locales peuvent et doivent réunir des groupes intersectoriels axés sur la formalisation de la flexibilité pour les parents qui travaillent afin de compléter et d’accroître les efforts fédéraux. Ces groupes pourraient offrir des conseils dans des domaines tels que

Les organisations qui investissent dans les parents qui travaillent pourraient recevoir des désignations officielles pour aider les employeurs à recruter et les employés potentiels à évaluer les options. Bien qu’il ne faille sans doute pas de crise pour forcer l’action, la crise est là et les femmes en particulier abandonnent déjà ou envisagent d’abandonner le marché du travail en nombre record en raison de Covid-19. La résilience et le rétablissement à long terme de notre nation dépendent d’une meilleure prise en charge de nos soignants.



Source